Peau d’hier

Du grand écart à la split, le sexe rampant sur le plancher de danse, son bassin basculait de l’avant vers l’arrière. Ses mains glissaient, dessinaient des cercles, et celles des autres dans leur chemise à fleurs tranchaient l’air selon la mesure de la macarena.

Elle prenait ses dimanches à faire son ménage qui se chorégraphiait sur des chansons kitch des années 1990. Et les soirs de semaine, ils étaient occasions de sortir dans les clubs de danse sociale du troisième âge pour montrer ses nouveaux pas signature. Mais personne ne la remarquait dans son corset dentelle noir vintage accessoirisé de plumes.

Personne depuis les vingt dernières années ne lui a dit qu’elle était douée pour attirer les regards ou qu’elle avait la souplesse et le sex-appeal d’une danseuse burlesque. Seuls quelques messieurs lavés de leur union, assez aventureux pour s’être promener jusque dans sa chambre, ont remarqué ses photos argentiques ; elle, sous les projecteurs, qui dévoilait sa silhouette sablier dans l’entre feutré d’un cabaret.

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Ici s’est enfui

Quand les préoccupations nous enlèvent et qu’il y a rien.

 

H2J 1X2

vivarium

en ces heures vide-poches
que des pages sans voix

dérobées en silence

ils

leurs yeux sont en balade

sur les titres plastiques

ils ne sont sans l’autre

qui pense peut-être
sont l’autre sans être
résonnent sans écho

ils

s’égrainent au-dessus de céramique en couleurs
avec des mains sans refrain ni rythme
des miettes de leurs habitudes portant un gilet pare balles
ils mastiquent sans goûter
ils s’accrochent au vide laminé

leurs pupilles comme de l’huile dans de l’eau
deux taches qui fuient celles des autres

ils abandonnent la chair pour l’usine
pullulent en têtes sans adresse
dans une boîte
aux lettres sans destination


ils portent leurs gants
multicolores
sous l’artificiel soleil

ils sont gris chromatique
du voisin
voisin
voie saine?
voisine
du voisin

ils sont moutures dans un tupperware

ils fermentent

avant rien

30 décembre

Il fait clair matin et le tapis me chatouille les pieds de ses paillettes couleur gâteau de fête. Il a gardé les confettis, et le chat aussi. La table est blanche, cernées de vin rouge. Mes mains sont sales. La nuit a essuyé la veille à la débarbouillette sèche.


Un rouleau suisse de neige, de sel et de gravier s’étale à l’entrée de l’espace stationnement. Je regarde autour et les gens peletent alors qu’il tombe un banc de neige ; c’est comme si l’on creusait pendant qu’on se fait enterrer. Mais l’heure approche. Il faut manger le rouleau suisse à coups de pelle pour partir, sinon on s’y retrouve à la petite cuillère pendant qu’un igloo enveloppe l’auto.