Jardin

Tu lui a offert un jardin
à lui
à ton grand-père
lequel t’a vu grandir

il y a marché
la tête vers le ciel
sans voir les pivoines
sans entendre les herbes en fête
au printemps

il t’a regardé
te demandant ce qu’il y faisait
dans ce jardin

lui qui te cueillais des pivoines
les roses fushia
lorsqu’elles pendaient
leurs pétales en éventail
trop lourds pour se supporter

tu as offert un jardin à un alzheimer
pour te souvenir
pour te supporter

Ici s’est enfui

Quand les préoccupations nous enlèvent et qu’il y a rien.

 

H2J 1X2

vivarium

en ces heures vide-poches
que des pages sans voix

dérobées en silence

ils

leurs yeux sont en balade

sur les titres plastiques

ils ne sont sans l’autre

qui pense peut-être
sont l’autre sans être
résonnent sans écho

ils

s’égrainent au-dessus de céramique en couleurs
avec des mains sans refrain ni rythme
des miettes de leurs habitudes portant un gilet pare balles
ils mastiquent sans goûter
ils s’accrochent au vide laminé

leurs pupilles comme de l’huile dans de l’eau
deux taches qui fuient celles des autres

ils abandonnent la chair pour l’usine
pullulent en têtes sans adresse
dans une boîte
aux lettres sans destination


ils portent leurs gants
multicolores
sous l’artificiel soleil

ils sont gris chromatique
du voisin
voisin
voie saine?
voisine
du voisin

ils sont moutures dans un tupperware

ils fermentent

avant rien